Et de 6 ! Les initiatives sectorielles en plein essor sur la plateforme EcoVadis

La constitution d’une initiative sectorielle représente le stade le plus mature de la mutualisation : un groupement d’entreprises dans un secteur d’activité commun -à l’échelle européenne ou mondiale- décide de s’organiser, de partager des outils et des données pour suivre et améliorer les pratiques éthiques, les performances sociales et environnementales d’un pool de fournisseurs.

 

EcoVadis vient d’être choisie comme partie tierce indépendante pour une nouvelle initiative Achats Responsables regroupant quatre leaders européens de l’industrie cosmétique et l’ensemble de leurs fournisseurs, “Responsible Beauty Initiative”.

 

A ce jour, EcoVadis accompagne six initiatives sectorielles.

 

2011 : lancement de Together for Sustainability (TfS), à l’initiative de six entreprises majeures du secteur de la chimie dans le monde. TfS avec l’arrivée de Borealis, compte à présent 20 multinationales.  

 

2014 : Création de Railsponsible, initiative sectorielle européenne autour de 9 acteurs publics et privés de l’industrie ferroviaire s’engageant à couvrir 60% de leurs achats.

 

2016 :

Premier pilote de partage des évaluations RSE d’un portefeuille de fournisseurs de six entreprises de la grande consommation parmi les 42 multinationales FMCG membres de l’association AIM progress.

Nouvelle étape dans l’accompagnement de l’initiative JAC. Fondée par Orange (France Télécom), Deutsche Telekom et Telecom Italia en 2010, la Joint Audit Cooperation (JAC) est une association qui regroupe aujourd’hui 13 opérateurs de télécommunications en plus des trois fondateurs; AT&T, Belgacom, KPN, Proximus, Rogers, Swisscom, Telenor, Telia Sonera, Verizon et Vodafone. Depuis 2016, la gestion des actions correctives suite aux résultats des audits sont planifiées et gérées sur la plateforme ecovadis, en accord avec les fournisseurs, et contrôlées par les membres de l’association.

 

Deux nouvelles initiatives sectorielles en 2017 :

Décision de l’association Pack2Go Europe d’intégrer l’évaluation des pratiques sociales et environnementales des fournisseurs des 20 principaux fabricants d’emballages alimentaires en Europe et mise au point du protocole.

Lancement opérationnel de RBI visant à fédérer l’ensemble des fournisseurs et sous traitants de quatre entreprises majeures de l’industrie cosmétique, Clarins, Coty, L’Oréal, et Groupe Rocher.

 

“Beyond competition”: la mutualisation d’audits documentaires et/ou d’audits sur site est souvent une première étape.

Ainsi que le rappelait Maylis Souque, Secrétaire général du Point de Contact National français de l’OCDE dans un entretien sur les clauses RSE, “La mutualisation des audits entre donneurs d’ordres constitue une solution pertinente autant pour améliorer leur efficacité opérationnelle que pour optimiser les coûts. Cela fait d’ailleurs partie des recommandations du Rapport « Rana Plaza » du PCN français avec notamment le renforcement des audits sur les aspects sociaux, environnementaux et de sécurité et la mutualisation des audits (recommandation n°6) et l’encouragement à « s’associer aux initiatives pluripartites » (proposition n°2). ”. Des pratiques de clients sont décrites dans le document “Évolutions des audits sur site : vers une recombinaison des pratiques d’évaluation RSE”.

 

Outre l’évaluation, La collaboration entre les entreprises d’un même secteur industriel est un puissant levier managérial pour accélérer la progression des performances environnementales et sociales de toutes les entreprises d’une chaîne d’approvisionnement et s’assurer des pratiques éthiques.

 

Des actions mutualisées de formation, d’information et de mise en place de plans d’action à l’anticipation d’exigences réglementaires telles que la mise en place de plans de contrôle et de prévention de la corruption, le regroupement en initiative sectorielle permet d’aller plus vite. L’association AIM-progress dans son dernier rapport fin 2016, annonçait par exemple, qu’au moment de la mise en application du “UK Modern Slavery Act” en 2015, un tiers de ses membres ne disposait d’aucun dispositif. A fin 2016, un an plus tard, 92% des membres présentaient des procédures conformes. Sur le domaine de l’environnement, durant la même période, 90% des membres avaient aussi inscrit des objectifs environnementaux dans leurs processus achats. Autre initiative relevée, la réalisation d’évènements régionaux, tels que le dernier congrès d’octobre visant les fournisseurs du Sud-Est asiatique, principalement en Malaisie.

 

Le préalable à la coopération : gouvernance, protocole d’accord et déclaration anti-trust.

Comment permettre à des concurrents de travailler main dans la main pour stimuler les performances sociales et environnementales sur leurs chaînes de valeur ?

Même s’il s’agit de stimuler les performances sociales et environnementales et prévenir tout risque éthique sur la chaîne d’approvisionnement,  toute initiative sectorielle doit bien évidemment respecter les règles de concurrence libre et loyale et ne pas agir à l’encontre de toute loi relative à la concurrence et/ou de toute loi antitrust (loi relative aux ententes).

Pour chaque initiative, un protocole d’accord définissant précisément la gouvernance, le cadre de collaboration entre les membres, les processus et la méthodologie d’évaluation du pool de fournisseurs impliqués ainsi que le mode de partage des résultats évaluations et/ou audits : “all or none” ou “selected members”. La décision de partage, quel que soit le principe retenu par les membres, est toujours à la libre discrétion du fournisseur.

La déclaration antitrust est essentielle, elle stipule clairement que les membres s’engagent à ne pas soulever, discuter ou échanger, oralement ou par écrit, unilatéralement ou autrement, toute information sensible sur la concurrence ou toute information liée à un sujet sensible susceptible de violer les lois antitrust. La déclaration est lue solennellement à chaque rencontre.

 

Initiative sectorielle ? et si certains fournisseurs n’attendaient que ça ?

Dans tous les secteurs, des entreprises de toute taille sont déjà engagées dans l’amélioration de leurs performances environnementales, sociales et vigilantes sur tous les sujets liés à l’éthique des affaires. Le dernier baromètre Achats Responsables HEC EcoVadis faisait apparaître qu’un peu moins de la moitié des fournisseurs interrogés en 2016 (44%) percevaient leurs donneurs d’ordres comme engagés à leurs côtés dans l’amélioration de la performance environnementale, sociale et éthique des chaînes d’approvisionnement. Seuls 21% des fournisseurs interrogés se sentaient véritablement encouragés dans l’amélioration de leurs propres pratiques environnementales et sociétales.

Ces entreprises-là seraient les premières bénéficiaires d’une initiative sectorielle autour des pratiques RSE sur leur secteur !

 

Ainsi que le rappelle la direction de la PME allemande Harting lauréate 2017 du Railsponsible Supplier Awards : “De nos jours, les clients s’intéressent autant à la durabilité qu’à la qualité et au prix. Ils nous questionnent et vérifient la façon dont nous mettons en œuvre nos principes et objectifs éthiques, sociaux et environnementaux. La plateforme EcoVadis offre une bonne solution pour les entreprises du secteur du transport ferroviaire. L’évaluation apporte deux avantages : Premièrement, cela nous donne un point de référence de l’industrie et deuxièmement, nous apprécions vraiment la reconnaissance que nous recevons pour notre approche RSE, tout particulièrement quand il s’agit de la plus haute récompense RSE de Railsponsible ! ”

 

Le groupe Alten a été distingué en 2017 comme leader sur la catégorie ‘industrie tertiaire’ du GeSI E-TASC Leadership Index visant à promouvoir chaque année les plus hautes performances RSE sur le secteur. La direction Performance et Qualité décrit sa démarche : “ Déjà il faut y croire. Il faut que les gens soient vraiment motivés et qu’ils prennent le sujet à bras le corps. Nos ingénieurs sont assez fiers de voir qu’on fait partie des meilleurs de notre secteur d’activité. C’est la note qui nous intéresse ET notre positionnement vis-à-vis des autres. Ce qui les motivent aussi, c’est de faire le lien entre cette évaluation et les actions concrètes pour qu’ils comprennent vraiment”

 

Si le référentiel d’évaluation EcoVadis est adaptable à toute entreprise -selon sa taille (XS/S/M/L), son secteur, ses implantations- chaque filière industrielle a malgré tout ses spécificités, ses actualités, sa culture et manière de faire. Le regroupement sur une plateforme commune permet d’aller au delà de la conformité : l’évaluation n’étant qu’une partie du processus, plus les différents acteurs s’interconnectent et s’organisent autour d’un outil et d’un système de management RSE commun, plus les résultats sont importants, avec des impacts positifs pour tous y compris sur le long terme.

 

Vous vous posez la question de l’opportunité d’un tel montage sur votre branche ? Nicolas Dussert et ses équipes sont à votre disposition.

 

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